samedi 4 février 2012

FEMMES ET FONCIER EN CASAMANCE : Vers un plan d’action pour améliorer l’accès des femmes à la terre



Le Programme d’Appui au Développement Economique de la Casamance PADEC et le Réseau des Journalistes en Santé Population et Développement unissent leurs efforts pour améliorer l’accès des femmes au foncier. Un atelier a réuni élus, représentants d’associations sportives et culturelles,  responsables de groupements de femmes, chefs de service techniques dans la ville de Sédhiou ce jeudi 2 janvier A l’occasion un plan d’action a été élaboré. Il a pour objectif de sensibiliser davantage les femmes des régions du sud sur leurs droits et sur les procédures d’accès à la terre entre autres.

Encadrer les femmes de la Casamance afin de faciliter leur accès à la terre. C’est la principale recommandation issue des travaux de l’atelier de Sédhiou. Ainsi un plan d’action est élaboré par les participants avec comme activités phares : sensibilisation des femmes, plaidoyer en direction des autorités, renforcement de capacités des élus sur la gestion foncière, mise en place d’un observatoire pour intercéder partout où les femmes du sud feraient l’objet de blocage leur empêchant d’avoir accès  à la terre.  Pour  Boubacar Hann Chef du Service Régional de l’Aménagement du Territoire de Kolda, des pratiques liées aux us et coutumes, l’analphabétisme ne facilitent pas souvent aux femmes du sud  d’accéder au foncier. Selon lui, il urge d’inverser la tendance aujourd’hui afin que les femmes de la Casamance naturelle puissent pleinement jouer leur partition dans le développement socioéconomique de notre pays. Et pourtant le besoin de disposer de terres est vraiment réel. A en croire Amy Mandiang responsable d’une association de femme à Sinthiamg Cisse dans la communauté rurale  de Niagha, département de Sédhiou, « les femmes casamançaises  sont devenues des soutiens scolaires. Il nous faut exploiter la terre pour payer la scolarité et les fournitures scolaires de nos enfants ». Et son collègue Dionsaba Faty de Bounkiling de renchérir : « Nos rizières sont pauvres. Il y a une menace permanente d’insécurité alimentaire. Il nous faut rejoindre les hommes sur les terres de plateau pour planter des arbres fruitiers afin de lutter contre la pauvreté». Yama Faty de Sansacoutoto dans la communauté rurale de Baghére embouche la même trompette : « Les femmes sont fatiguées. Nous sommes obligées d’emprunter des lopins de terre aux hommes pour pouvoir travailler. Ce n’est pas souvent facile ». Ces doléances et  plaintes des femmes ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. En effet,  Calbert Mané PCR de Simbamdi Balante,  en sa qualité de président de l’Association des Elus Locaux du département de Goudomp, a pris l’engagement au nom de ses pairs, de satisfaire,  autant que faire se peut,  les demandes des femmes. Et ceci conformément à la loi qui ne fait aucune entrave par rapport à l’accès des femmes à la terre. Avec cet engagement aussi important, le PADEC et le Réseau des Journalistes n’entend pas s’arrêter en si bon chemin dans le cadre de ce combat pour la promotion de la femme. Un atelier similaire aura lieu dans les prochains jours dans la région Ziguinchor. A cette occasion, il sera surtout question de procéder à la validation de  la mouture finale du plan d’action pour l’accès des femmes de la Casamance à la terre et à la mise en place d’observatoire.

 

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