Le Centre pour l’art, le savoir et la société, Raw Material Company, abrite du 20 septembre au 31 décembre une exposition intitulée ‘’Etats-Unis d’Afrique’’, dans laquelle le sculpteur sénégalais Mansour Ciss Kanakassy se substitue à l’Etat et aux politiques pour atteindre un objectif qui semble inaccessible. Le vernissage de l’exposition est prévu mardi à partir de 19 heures, précédée d’une conférence de presse de présentation entre 15 heures et 17 heures, indique un communiqué transmis vendredi à l’Agence de Presse sénégalaise. L’Afro, monnaie unique fictive, et la création d’un espace d’échanges sont au cœur du projet artistique de Mansour Ciss Kanakassy et compagnie, indifférents aux différentes entraves à la création de ces outils. ‘’Ils n’ont pas besoin de comités interminables, de réunions de haut niveau, de votes de la majorité pour créer un pays symbolique pour l’affirmation leur position politique’’, indique la note de présentation de l’exposition. Celle-ci est composée d’une production spéciale de six plaques de monnaie imprimées sur aluminium, dans une mise en espace complétée par des textes, des photographies, des coupures de billets d’Afro ainsi qu’une vidéo de Mansour Ciss Kanakassy. Le communiqué de Raw Material Company indique que ‘’pendant toute la durée de l’exposition, d’octobre à décembre, un programme de conférences aura lieu autour du thème ‘’Etats-Unis d’Afrique : utopie ou réalité’’. Participeront à ces conférences modérées par l’éditorialiste Safi Ly Sow, l’économiste et homme politique Mamadou Lamine Diallo, l’historien et homme politique Abdoulaye Bathily, l’enseignant-chercheur Ibrahima Wane et le rappeur Didier Awadi. Mansour Ciss Kanakassy est né en 1957 à Dakar. Il a étudié la sculpture à l’Institut national des Arts de Dakar de 1973 à 1977, a exposé en Afrique et en Europe en expositions collectives et individuelles à la Biennale de Dakar, au Musée National du Mali, Bamako, à Berlin, Francfort, entre autres. Ciss vit et travaille à Berlin. Dans une entreprise de déconstruction, l’artiste a monté, en 2002, un ‘’Laboratoire de Déberlinisation’’, une référence claire à la Conférence de Berlin (novembre 1884- février 1885) au cours de laquelle le partage de l’Afrique et la ruée vers ses ressources naturelles se sont planifiés. L’Afro, un des produits-phares du laboratoire, se veut une ‘’réponse artistique aux politiques en faillite d’après les indépendances’’, un travail articulé autour d’installations, d’impressions, de performances et de conférences publiques. Raw Material Company qui abrite l’exposition et les conférences autour des ‘’Etats-Unis d’Afrique’’, est ‘’une initiative pour la pratique artistique et l’échange critique’’. Son programme aborde, entre autres thématiques, littérature, cinéma, architecture, politique, mode et cuisine.
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