Les conseils de Jacques Chirac lui ont remis vendredi "une lettre de (leur) client à laquelle était jointe son dossier médical".
L'ancien président de la République y exprime "son souhait de voir le procès aller à son terme et sa volonté d'assumer ses responsabilités même si il n'a plus l'entière capacité de participer au déroulement des audiences", explique encore la défense de M. Chirac.
Selon Le Monde, le rapport du neurologue Olivier Lyon-Caen, de la Pitié-Salpêtrière, affirme que "M. Chirac est dans un état de vulnérabilité qui ne lui permet pas de répondre aux questions sur son passé". Ce rapport a été sollicité en juillet par l'épouse de Jacques Chirac, Bernadette, et leur fille Claude.
D'après une personne qui le fréquente régulièrement, "son état de santé s'est dégradé durant l'été, avec une grande faiblesse en juillet". M. Chirac "a des pertes de mémoire et ne maîtrise pas ses paroles, non pas qu'il dise des choses incompréhensibles, mais sa parole est mal maîtrisée", a dit cette source à l'AFP.
Premier ancien président de la République à être renvoyé en correctionnelle, M. Chirac doit être jugé pour des faits remontant au début des années 1990, lorsqu'il était maire de Paris.
En mars, Jacques Chirac n'avait pas assisté au début de son procès, ajourné en raison d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). M. Chirac, qui était protégé par son immunité présidentielle pendant ses 12 ans à l'Elysée, avait ainsi obtenu un nouveau répit. Mais la Cour de cassation avait rejeté cette QPC le 20 mai, permettant de reprogrammer le procès en septembre.
Un volet de l'affaire, instruit à Nanterre, porte sur sept emplois. Le second, instruit à Paris, en concerne 21.
La ville de Paris a renoncé à se porter partie civile à la suite d'un accord d'indemnisation conclu en 2010 avec l'UMP et Jacques Chirac.
Il reviendra à l'association anti-corruption Anticor et à quelques particuliers, qui veulent se constituer partie civile, de porter la contradiction face à la défense. Anticor a fait citer comme témoin Alain Juppé, condamné en 2004 dans le cadre du volet de Nanterre en tant qu'ancien adjoint de Jacques Chirac à la mairie de Paris.
M. Chirac a toujours récusé l'idée d'un "système organisé", disant les recrutements en cause "légitimes" et "utiles à la ville de Paris".
Renvoyé, aux côtés de neuf autres prévenus, pour "détournement de fonds publics", "abus de confiance" et "prise illégale d'intérêt", il encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende. Mais le parquet, qui avait requis un non-lieu pendant l'instruction, devrait logiquement demander sa relaxe.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire