C’est la deuxième semaine d’affilée que les maitres craies en main affiliés au Cadre unitaire des syndicats d’enseignants boudent les salles de classe et envoient les enfants dans la rue. Tous les Mardi, à partir de 10 heures, un débrayage est suivi dans toute la circonscription éducative du département, Mercredi et Jeudi sont considéré comme des jours non ouvrables et le vendredi, tout le monde reprend le chemin de l’école. Une situation qui met mal à l’aise les apprenants, le corps enseignant et les parents. Déjà, avant même que les grandes vacances n’arrivent, des enfants abandonnent les études au profit des apprentissages de métier. Les grèves répétitives des enseignants ont entrainé la déperdition scolaire car une fois révéillés, certains élèves passent à longueur de journée à taper au ballon. D’autres, sont plutôt branchés à l’internet pour surfer dans des sites, qui ne leur apportent aucune instruction ou attirés par les vidéo clubs et baby foot. Selon le secrétaire général local du SELS, Ahmet Diaw, nos revendications qui tournent du paiement des indemnités des années de volontariat et de contractualisation, de la mise en solde des reclassés de 2003, sont légitimes. Nous avions signé des accords avec le gouvernement mais depuis lors elles sont rangées dans les tiroirs parcequ’aucune de nos doléances n’a été prise en compte. Et ce malgré les 40%du budget alloué au secteur de l’éducation, nous continuons à broyer du noir. Nous ne pouvons nullement comprendre que d’autres secteurs soient mieux lotis que le notre. Et pourtant, ajoute t il, l’éducation est le gage de tout développement. Nous devrons être pris au sérieux et régularisés dans nos fonds sinon ce seront des enfants innocents qui seront les victimes du bras de fer qui oppose L’Etat aux syndicats d’enseignants. Et ce serait vraiment regrettable que nous perdions cette année académique a-t-il martelé. Nous avons nos propres enfants dans les écoles primaires et ce n’est pas de notre consentement qu’ils perdent ainsi des heures sans apprendre. A.Diaw, de rappeler que le quantum horaire qui est de 800 h risque de ne pas être atteint et les lacunes ne seront qu’emmagasinées. Il nous sera difficile de rattraper le temps perdu, avec ces élections présidentielles qui ne sont pas encore terminées, des vacances de paques, suivies de la semaine de la jeunesse, des jours fériés et tant d’autres perturbations. Nous demandons à l’Etat de se plier et de régulariser le plus tôt possible les revendications des enseignants pour sauver l’année académique. A-t-il martelé. Il suggère aussi au futur Président qui sera le locataire du palais, de procéder à des Etats Généraux de l’Education pour apporter du sang neuf au système éducatif car rien ne va depuis quelques années. Depuis l’université, en passant par les lycées, les collèges et les écoles primaires, les revendications des enseignants sont toujours brandies. Ne sachant plus où tourner de la téte, certains parents commencent déjà à retirer leur progéniture pour les envoyer dans les salons de couture, dans la mécanique et autres métiers jugés plus valorisants. Tout compte fait, les écoles primaires du Fouladou l’instar des autres établissements du pays, sont complètement paralysées par le Mouvement d’humeur du CUSE, qui n’entend pas baisser les bras jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications. En attendant, les maitres craie en main, anticipent les fêtes de pâques et vaquent tranquillement à leurs occupations.
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