jeudi 1 septembre 2011

MOUVEMENT « Y’en a marre » : Que mijotent ces jeunes.


Le scepticisme des Sénégalais a rencontré l’esprit « Y’en a marre », qui est à la fois un mouvement et une attitude qui cherche à ne donner son aval aux choses et aux actes qu’après les avoir retournés dans tous les sens afin de s’assurer de leur « authenticité ».  Ce mouvement, né le 16 janvier dernier a été lancé officiellement deux jours plus tard, après que Sénélec avait coupé l’électricité pendant 20 heures. En fait, « Y ‘en a marre » est porté par les mutations profondes qui s’opèrent dans notre société depuis les années 90. Dans notre pays, les jeunes ont toujours représenté le nombre, mais n’ont jamais été une force de transformation sociale. Ce qui est nouveau avec ces jeunes-là, c’est qu’ils ont décidé de servir de locomotive à la jeunesse, en investissant la sphère civique. La démarche s’insère dans cette logique d’un nouvel acteur pro-actif et créateur d’Histoire dès l’instant qu’une situation rencontre leurs préoccupations. Là est leur « subversion »  et c’est en cela qu’ils font peur. « Dangereux », ont dit Serigne Abdoul Aziz Sy Junior, Modou Kara Mbacké et Maître.
Dénonçant majorité, comme opposition, inaptes à répondre aux défis d’une société en perpétuelle mutation, ils sont même arrivés, dans une certaine mesure, à remettre en cause dans la forme, les schémas de la communication politique, dans leur habillement, leurs discours : « taccu leen sen bopp !»  s’est écrié l’un d’eux lors de la manifestation du 23 juillet à la Place de l’Obélisque. Une génération prête à s'investir politiquement, de façon pacifique ­ les manifestations n'ont pas pris les formes violentes qu'on a connues. Il y a également que ce mouvement, incarné par Y’en a marre  n’est pas dans cette logique de rhétorique politicarde un peu factice qui consiste à contrer des arguments juste parce qu’on n’est pas du même bord politique.
L’attrait que « Y’en a marre » exerce est sans commune mesure avec les grands-messes politiques. Il se trouve aussi dans l’utilisation de modes d’action ludiques et souvent très médiatiques, avec des thématiques sectorisées. Il y a également que l’engagement est moins permanent et est surtout lié à une logique pragmatique. Y’en a marre mobilise pour des causes bien précises, là où l’engagement politique peut marquer l’ensemble d’une vie.
Ces « petits matins de la vie » qui gagnent chaque jour un peu de terrain, cette fraîcheur que les « Y’en a marristes » portent, a fait s’agréger autour d’eux, le M 23, véritable auberge espagnole où l’on trouve du tout. Les Ivoiriens auraient dit « sauce embouteillage » : des politiciens qui se sont battus « pour le grand soir »,  des intellectuels qui ont accepté que leur livre soit pilonné, des ministres néo opposants, des intellectuels aux fidélités successives, des acteurs de la Société civile qui lorgnent le fauteuil présidentiel,  des ministres d’il y a plus de trente ans, des hommes et des femmes qui, il y a 3 ans, craignant les « foudres » du régime en place, ont refusé l’invitation qui leur avait été faite de participer aux Assises nationales et qui aujourd’hui, ont fait de sa Charte, leur livre de chevet, tous vouant aux gémonies, la politique que Maître mène depuis onze années, et lui chantant, au passage un requiem politique.
Candidats déclarés ou pas encore, ils se disent porteurs de changement et Maître continue de son côté à faire tourner sa machine : nomination d’un ministre chargé des élections, poursuite de la politique de découpage administratif. Son actualité avant-hier  a été l’augmentation de la caution pour les présidentielles de 2012. Le combat est patriote, civique, intellectuel au point de voir la nécessité d'un changement de comportement, d'une vision politique clairvoyante pour des lendemains meilleurs à notre nation qui nous est cher.


 

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